Le phénomène de corruption et de rançonnement au sein des différentes sélections nationales est une « religion » au Cameroun.  

Zappons les détails. Commerce de places, trafique de convocations, influence des autorités administratives ou des agents de joueurs, rançonnement de joueurs… Vous connaissez déjà la chanson par cœur. Et pourtant, que l’on se trouve chez les moins de 17 ans ou chez les séniors en passant par les moins de 20 ans, les moins de 23 ans ou les amateurs, il se passe rarement un stage sans qu’une nouvelle mélodie ne soit fredonnée par la presse. Et la plupart du temps, les notes sont composées soit par des joueurs qui se sont fait arnaquer, c’est-à-dire qui ont « payé leur place » mais n’ont jamais reçu de convocation officielle, soit par des joueurs ou agents de joueurs craignant de se faire arnaquer, soit par d’autres qui estiment que seuls leurs performances en clubs suffisent pour être sélectionnés, soit enfin, par des membres des staff technique ou administratif qui n’ont de cesse de pondre des démentis sans véritablement accompagner leurs écrits… de preuve tangibles.

Qui n’a pas entendu parler des 30 joueurs convoqués par le Directeur technique national adjoint, Etienne Sockeng sans en informer l’entraîneur, Ashu Bessong, ni la Fédération camerounaise de football en vue d’un stage préparatoire aux Jeux de la francophonie, Côte d’Ivoire 2017 ? Qui n’a pas entendu les confidences d’Achille Emana et de Jean-Armel Kana-Biyik, deux internationaux qui, il y a quelques années, assuraient qu’il y a « trop de corruption » et de « magouille en sélection nationale » ? Des exemples comme ceux-là, il y en a à la pelle. Et pourtant, combien de fois le ministère des Sports et de l’Education physique a-t-il entrepris de mener son enquête pour démanteler et réprimer toutes les personnes impliquées dans ces vastes réseaux ? Combien de fois la Fécafoot a-t-elle annoncé qu’elle fera son enquête, promettant de rendre publics ses résultats ? Jamais ! Et jamais ! Témoignage ? « Nous étions en Azerbaïdjan (pour les Jeux de la solidarité islamique, Ndlr.), lorsque nous avons commencé à recevoir des coups de fil faisant état d’une liste des U23 qu’aurait publiée le coach Richard Towa. Ce dernier ne s’y reconnaissait évidemment pas, étant lui-même présent à ces Jeux de la solidarité islamique. J’en avais informé le président de la Fécafoot de l’époque (Tombi A Roko Sidiki, Ndlr.) et son secrétaire général (Blaise Moussa, Ndlr.). Mais rien n’a été fait. Personne n’a été inquiété. De même qu’aucune enquête n’avait été ouverte. Or, toutes les signatures étaient authentiques sur les convocations des joueurs », raconte un journaliste. A cette question que vous vous posez déjà : oui, il n’y a peut-être pas de remède à ce « fléau ». Parce qu’au Cameroun, eh bien, les vieilles habitudes ont vraiment la peau dure.

Arthur Wandji

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